Le lien entre Monique Leyrac, Joël Le Bigot et Monique Giroux? Le point de départ d’une expo hommage!

Le samedi 24 février 2018, j’écoute, comme à mon habitude, l'émission Samedi et rien d’autre, animée par Joël Le Bigot. En fait, je dois admettre en ce 13 février 2020, Journée mondiale de la radio, que je syntonise des émissions animées par Le Bigot depuis 1977, alors qu’il a pris la barre de CBF Bonjour! Joël est devenu comme un vieil ami, que j’écoute toujours avec plaisir. Bref, en ce matin de février 2018, je l’entends dire que c’est le 90e anniversaire de Monique Leyrac, qui habite près de chez moi, à Sutton, mais que je n’ai encore jamais rencontrée. Ce que je voulais faire incessamment, en tant que responsable des expositions temporaires du Musée des communications et d’histoire de Sutton.

Depuis qu’elle habite dans les Cantons-de-l'Est, elle très discrète, faisant ses emplettes la semaine, sans chercher à se faire reconnaître. Oserai-je aller à sa rencontre, la déranger? Je descends d’abord chez la fleuriste du village, où je commande un joli bouquet. Je rédige une petite carte pour lui souhaiter un bel anniversaire et je me rends directement chez elle. J’arrive en même temps qu’un jeune couple, avec un enfant... des membres de sa famille, évidemment. Ce qui facilite mon entrée, fleurs à la main.

Elle accueille d’abord sa parenté, les embrassant, puis elle se tourne vers moi, l’air interrogateur... mais avenant. Je lui présente le bouquet, en soulignant son 90e anniversaire. Elle me sourit. Je ne veux pas la déranger trop longtemps, avec l’arrivée de ses visiteurs... je lui pose la grande question :
­« Je prépare présentement une exposition sur votre ami François Dompierre, au Musée de Sutton. Accepteriez-vous qu’on en crée une pour vous rendre hommage, en 2020? »

Elle me regarde, surprise, et me répond... « Pourquoi pas? », mais elle ajoute aussitôt : « Mais vous pourriez la faire sur François et moi? » J’explique que le travail sur l'expo Dompierre est déjà amorcé et qu’elle mérite une expo juste pour elle, pour décrire sa brillante carrière! D'ici là, je serai heureux de l’accueillir au vernissage de l’expo Dompierre en juin. Je sais aussi que François la rencontre prochainement pour finaliser la biographie qu’il écrit, Monique Leyrac, le roman d’une vie.

Malheureusement, elle n’a pas pu venir au musée pour le vernissage, ni pour visiter l’expo Dompierre. Sa santé s’est lentement dégradée à la fin du printemps. Elle n’a pas pu assister non plus, en 2019, au lancement du livre écrit par François. C’est à cette occasion que j’ai rencontré sa fille, Sophie Gironnay. Nous avons alors discuté de l’exposition à venir en 2020. Elle allait en reparler avec sa mère.

Fin automne 2019, Monique ne vit plus dans sa maison de Sutton, elle a besoin de soins réguliers. Sophie m’invite cependant à rencontrer sa mère dans la résidence de Cowansville et m’explique que malgré sa mémoire défaillante, elle sera sans doute heureuse de me rencontrer et de savoir qu’on veut lui rendre hommage. La rencontre n’a pas eu lieu. J’ai en effet appris son décès le 15 décembre 2019, à l’âge de 91 ans. J’ai, quelques semaines plus tard, posé la question à Sophie... « Et l’expo? » Elle m’a répondu : « Plus que jamais! »

Le samedi soir suivant, revenant en voiture d’une soirée avec ma conjointe, Andréanne Larouche, nous écoutons Monique Giroux sur les ondes d’Ici Musique. Elle nous parle de Monique Leyrac, dont le décès est encore tout récent et elle nous fait jouer la chanson C’est ici que je veux vivre, paroles de Luc Plamondon et musique de Heitor Villa-Lobos.

Tu peux m’offrir tous les soleils de l’univers
De Corfou jusqu’au Cap-Vert
De Rio à Vancouver
J’aime encore mieux mes hivers
C’est ici que j’ai envie
De jouer mon avenir
Sur quelques arpents de neige
Où j’ai encore un monde à bâtir
Pour donner un sens à ma vie


C’est ici que je veux vivre
Au froid bleu, au soleil blanc
C’est ici que je veux vivre
Au froid bleu, au soleil blanc
C’est ici que je sens battre mon sang

Vous comprenez maintenant pourquoi le titre de cette chanson est devenu subito presto le titre de l’expo? C’est ici, à Sutton, qu’elle a choisi de vivre, sur quelques arpents de neige, où j’ai encore un monde à bâtir, pour donner un sens à ma vie.

Merci Joël Le Bigot et Monique Giroux, mais aussi Luc Plamondon qui, sans le savoir, avez participé à la naissance de cet hommage à Monique Leyrac, une grande dame du théâtre et de la chanson, qui a vécu ici, à Sutton. Merci à Sophie Gironnay qui collabore à l’éclosion de cette nouvelle exposition.

Richard Leclerc
Concepteur-réalisateur

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